Escapade

13 min de lecture|Niveau Murmures d’Intimité (Soft)

Pour la cinquantième fois au moins Anouk contrôlait de n’avoir rien oublié, carte d’identité, billet d’avion, confirmation de réservation d’hôtel. Debout dans l’entrée de sa petite maison bourgeoise qui avait appartenu autre fois à ses parents, elle refit mentalement la composition de sa valise. Ses vacances au soleil ne durerait qu’une semaine et pourtant elle avait emporté trop de choses, trop de « au cas ou ». Ce séjour était le cadeau d’anniversaire qu’elle s’offrait pour ses 43 ans, bien qu’elle ne roulait pas sur l’or. Encore une dernière chose avant que le taxi ne l’emmène à l’aéroport, remettre la clé de son logement à ses voisins. Leur fille de 15 ans Léa avait promis de s’occuper du chat.

Quinze ans l’age qu’aurait pu avoir ses propres enfants, mais voila la vie en avait décidé autrement. Les inséminations artificielles, les fausse-couches avaient réduit en cendre son mariage. Ne s’étant pas entièrement remise de cette épreuve, réservée et souffrant de son manque de confiance en elle, elle n’avait pas refait sa vie. Elle avait bien eu quelques aventures mais qui n’avaient jamais durées plus de quelques mois. Il n’y a guère que le félin qui partage sa demeure et son travail qui lui apportaient du réconfort.

Bibliothécaire dans sa ville natale, passionnée de lecture Anouk baignait dans son élément, le clame l’odeur des livres et l’évasion qu’ils offrent. Aujourd’hui sa vie sentimentale et sexuelle elles les vivaient par procuration dans des histoires à l’eau de rose. Son rêve ? Être dans la peau de Lyra l’héroïne de la romancière érotique à succès Seraphine Moreau. Lyra une femme d’une beauté sauvage et indomptable aux cheveux noirs corbeau, aux yeux verts perçants. Elle est passionnée, indépendante et n’a pas peur d’exprimer ses désirs. Aux antipodes d’Anouk et de ses peurs, peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne jamais trouver l’amour véritable, peur du rejet.


Une naufragée accrochée à sa valise au milieu d’un océan déchaîné fut le sentiment qui submergea la bibliothécaire en arrivant de le hall de l’aéroport. Bien que nous étions hors de la période de vacances scolaires il y avait foule en partance pour les quatres coins du monde. Prudente elle était arrivée bien en avance sur l’heure de départ de son vol. Après avoir identifié le numéro de la porte d’embarquement elle chercha refuge dans un café pour patienter.

Absorbée par les aventures de Lyra elle ne vit pas le temps passer. La panique la gagna lorsqu’elle réalisa qu’elle devait encore passer par le contrôle de sécurité et se rendre aux « gates ». La file de voyageurs était interminable elle se maudissait d’être arrivée si tôt et d’être sur le point de rater son avion. Lorsqu’elle arriva finalement d’un pas pressant à la porte le personnel avait déjà appelé les voyageurs à se préparer pour l’embarquement, tous ou presque formaient une longue queue.

En y prenant sa place son livre lui échappa des mains. Empêtrée avec sa valise, sa veste et ses papiers elle n’eut pas le temps de fléchir les jambes qu’une main lui tendait déjà son livre. Une main aux doigts effilés légèrement bronzée celle d’un homme dans la cinquantaine les cheveux grisonnants élégamment coiffés et des yeux d’un bleu perçant. Il avait une stature imposante, vêtu d’un pantalon en lin écru, de mocassin sans chaussette bien sûr, et une chemise blanche ouverte au col qui laissait entrevoir son torse et la naissance d’une fine toison de poils sombres. Un homme terriblement séduisant. Sa voix ne l’était pas moins, profonde, rassurante, bienveillante. « Je crois que c’est à vous. » Anouk et l’inconnu tenait chacun un bord du livre. Le temps s’était alors comme suspendu.

Il se dégageait de cet homme une aura, à la fois une force et une sérénité réconfortantes, son sourire illuminait tout son visage. Elle se senti traversée par son regard, ses yeux étaient une invitation au voyage. Sa respiration s’interrompu, son cœur cessa de battre, elle eut subitement très chaud. Mille images lui vinrent à tête, un yacht au milieu d’un atoll en Polynésie, un dîner aux chandelles, une veillée en Laponie sous les aurores boréales. Il avait déjà fait quelques pas en direction du desk pour l’embarquement rapide lorsqu’elle balbutia un timide « Merci ». Par dessus son épaule l’inconnu lui adressant un sourire plein de promesses. Il présenta ses papier à l’hôtesse, Anouk le regardait se diriger vers la passerelle, il ne se retourna pas.


Voilà déjà trois jours qu’Anouk était installée dans ce gîte au cœur de la vielle ville. Le quartier résonnait d’une atmosphère d’autrefois. L’architecture d’origine avait été préservée, les pierres bien qu’usées par le temps gardaient tout leur caractère. L’azur du ciel et la douce chaleur de cette matinée l’a confortait de s’être accorder cette petite escapade.

Elle avait déjà pris ses habitudes. Après le petit-déjeuner et sa pléthore de produits régionaux , petit détour par le marcher et ses étales de fruits et légumes juteux, elle s’installait ensuite à une terrasse sur la grande place.

Elle était vêtue d’une robe ample en coton vert foncé, bras nus, au style bohème, style souligné par de petites sandales en cuir couleur naturel à fines sangles. Elle avait commandé une eau pétillante et lisait Seraphine Moreau seule à une table. De temps à autre elle levait le nez de son livre pour observer la vie autour de la place, lorsqu’elle le vit, l’inconnu du terminal. Elle sentit tout de suite son magnétisme. Et toujours cette même élégance, avec un pantalon de coton bleu marine, une chemise blanche et coiffé d’un chapeau panama. Lui aussi était seul à une table à lire le journal. Il ne l’avait pas vu mais machinalement elle passa une mèche de cheveux derrière son oreille, révélant son cou. Elle reprit sa lecture mais elle ne parvenait pas à rester concentrée, sans cesse son regard cherchait à capter son attention. Puis une famille complète vint prendre place à une table entre eux obstruant son champ de vision. Une nouvelle fois il avait disparu.

Une grande ombre se projeta sur elle et la sortit de sa rêverie puis suivit une question « Cette chaise est-elle libre ? » La bibliothécaire resta interdite. Il se tenait là devant elle. Du regard il réitéra sa question. Un « oui » étranglé sortit de sa bouche, il prit place et enchaîna « Comment se porte Lyra ? ». Elle sentit son visage s’empourprer. Il avait reconnu son livre et en connaissait l’héroïne. Il eut la délicatesse de passer à autre chose après lui avoir adressé un sourire amusé mais nullement moqueur. Ils discutèrent ainsi longtemps de tout et de rien. La conversation était naturelle de par sa voix et son regard il était parvenu à la mettre à l’aise, presque bavarde elle qui d’habitude était si réservée. Elle eut même quelques éclats de rire. Elle ne pouvait détacher ses yeux des siens. Il y avait comme une tension dans l’air. Il glissait de subtils sous-entendus qui faisait naître un désir toujours plus croissant. Puis il lui dit « Je crois que vous allez attraper un coup de soleil, je connais un endroit où nous serons mieux. ». Ils se levèrent, il lui offrit son bras et quittèrent la place.

En lui tendant un casque, l’inconnu lui demanda « Vous n’avez pas peur en Vespa ? » Alors qu’il rangeait son chapeau de le top case. Bien que ce ne fut pas vrai elle lui répondit que non. Jamais elle n’était montée sur un deux roues hormisr un vélo. Délicatement il l’aida à sangler la jugulaire. Lorsque ses mains frôlèrent son visage un frisson lui parcouru l’échine.

Ils fendait la campagne, Elle sentait le vent s’engouffrer sous sa robe, fouetter son visage. Les bras fermement serrés autour de sa taille, sa poitrine écrasée contre son dos lui donnait des papillons dans le bas ventre. Son parfum, la vitesse elle était ivre. La ville était déjà loin lorsqu’il s’engagea dans une allée privée au bout de laquelle se dressait une somptueuse villa.

La maison était fraîche, spacieuse et la baie vitrée donnant sur la mer, une vue à couper le souffle. Il la lui fit visiter. La décoration était fabuleuse, à chaque pièces son univers, peu habituée à un tel luxe Anouk en avait le vertige. Cet homme devait être incroyablement riche et pourtant il racontait des anecdotes de voyages sans vantardise, sans snobisme. La dernière pièce de la visite fut la chambre à coucher avec cette même vue imprenable sur la mer et le ciel.

Le silence était retomber sur la demeure. Debout l’un en face de l’autre ils restèrent de longues minutes les yeux dans les yeux. Leurs regards s’échangeant des promesses. Elle baissa les yeux en premier. Du dos de sa main il lui caressa le bras. Un frisson parcouru tout son corps elle en eut la chair de poule. Délicatement il replaça une mèche de cheveu derrière son oreille. Leurs lèvres se rapprochèrent davantage, entrouverte à un souffle les unes des autres. Ils s’embrassèrent tendrement puis avec plus de ferveur. Il l’embrassa dans le cou. Le désir devenait ardent, la respiration d’Anouk et son cœur s’accéléraient, et voila que ses mains commençaient à déboutonner sa chemise et défaire la ceinture de son pantalon que lui arrivait-il ? Elle qui n’avait jamais vécu sa sexualité avec passion la voilà entreprenante l’esprit de Lyra avait il prit possession de son corps. ? Était elle devenu Lyra elle-même ?

Il se glissa derrière elle et l’enserra de ses bras. Un sentiment de sécurité l’envahit, elle se sentait désirée autant qu’elle le désirait. Depuis combien de temps n’avait elle pas éprouvé une telle osmose ? Elle n’aurait sut le dire mais ce dont elle était sûr en revanche c’est qu’elle aurait souhaiter que cette étreinte ne se termine jamais. Le visage enfouit dans son cou sa nuque, il y déposait des nuées de baisers du bout des lèvres. elle bascula la tête en arrière et lâcha un gémissement de bien-être. Lorsqu’il l’a saisit par les hanches de ses deux mains assurées un frisson puis une onde de chaleur parcoururent la vacancière de la tête aux pieds.

Alors qu’avec lenteur il dézippait la fermeture éclaire de sa robe Anouk fut saisit par un trouble, est-elle vraiment sur le point de dévoiler sa nudité à cette inconnu ? Pourtant elle le désirait autant qu’elle l’appréhendait. Cela n’était pas elle, elle n’était pas l’héroïne de Seraphine Moreauet. Durant ce temps de sa bouche il faisait glisser les fines brettelles de ses épaules. Et tout devint clair dans sa tête là maintenent elle était Lyra et elle lâcha prise. Ce ne fut que lorsqu’il relâcha son étreinte que l’étoffe tomba au sol.

Debout l’un en face de l’autre se tenant par les mains l’hôte de la maison contemplait Anouk. Elle qui était de coutume si réservée, si peu à l’aise avec son corps, elle n’éprouvait aucune gène, même en culotte sans charme. Le regard remplit de désir que lui portait cet homme si séduisant, alors qu’elle se trouvait si quelconque, avait anesthésié toute pudeur. Séré l’un contre l’autre leurs baisers d’abord tendres et délicats se firent plus fougueux comme ceux de jeunes amoureux. Le contact, la chaleur de son torse contre ses seins et les effluves de son parfum l’entraînèrent dans un vortex de désirs. Elle pouvait sentir le sien au renflement de son caleçon qui frottait contre son ventre.

Il la prit par la main pour la conduire sur le lit. Sitôt allongés ils terminèrent de se dévêtir l’un l’autre Puis la passion s’empara d’eux, un désir brut et irrésistible. Leurs corps se cherchèrent, se trouvèrent. Elle ne se sentait nullement vulnérable entre les mains expertes de cet inconnu. Leurs corps dansaient, vibraient à l’unisson. Elle ressentait des sensations nouvelles, libératrices, oui c’était une libération. Elle fut foudroyée encore et encore.

La nuit était tombée, nue blottie contre lui dans le grand canapé de la terrasse à contempler les reflets de la lune sur la mer elle frissonna, il tira le plaide pour la couvrir et lui déposa un baiser sur le front.


Une grande ombre se projeta sur elle et la sortit de sa rêverie puis suivit une question « Elle est libre cette chaise ? » La bibliothécaire resta interdite. Là devant elle se tenait un homme bedonnant et transpirant, vêtu d’un short de plage et d’un débardeur évasé auréolé de sueur à l’haleine chargée d’anis. Un « oui » étranglé sortit de sa bouche, il prit la chaise et s’éloigna. La famille bruyante aussi s’en était allée. Anouk avait retrouvé son champ de vision sur l’inconnu du terminal, il était toujours attablé mais en compagnie d’une sculptural femme élégamment vêtue d’une longue robe en soie imprimée à fine bretelle d’une grande maison les cheveux remontés sur le haut de tête en un chignon faussement négligé révélant une nuque fine et une peau d’ébène lise et lumineuse. Ils se levèrent, et tout en se tenant par la taille, ils s’éloignèrent pour quitter la place. La vacancière se rabroua d’avoir été aussi sotte, sotte de croire qu’un tel homme pouvait s’intéresser à elle alors qu’il pouvait séduire les plus belles femmes que portait la terre. Jamais elle ne serait Lyra.

Sentant ses épaules la brûler, elle pesta à nouveau. Elle avait attrapé un coup de soleil, en plus sa culotte était moite mais n’aurait sut dit avec certitude la cause entre la chaleur et son rêve fantasmatique. Elle regagna son gît.

Signature Galante

Commentaires

Quelle émotion cette lecture a-t-elle éveillée en vous ?

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!