Les premiers rayons du soleil embrasant la cime des montagnes dans cadre de la fenêtre rappelait une toile d’Albert Bierstadt. Enroulée dans la couette, elle se glissa hors du lit en direction de la salle de bains parentale. Bien que sa démarche fut féline le plancher de bois grinçait à chacun de ses pas sous ses pieds nus. Se sachant observée, elle accentua volontairement le balancement de son bassin. En arrivant dans l’embrasure, elle jeta un coup d’œil par dessus son épaule.
Toujours allongé au milieu des draps froissés, feignant de dormir les paupières mi-closes, il l’avait regardé s’éloigner. Avec un brin d’espièglerie elle laissa glisser au sol le duvet, révélant au grand jour son corps nu, des hanches féminines marquées de quelques vergetures, stigmates de deux grossesses, des jambes fuselées se terminant par deux fines chevilles cernées d’une chaînette en or. Ses mains dénouèrent ses cheveux qui tombèrent en cascade jusqu’au milieu de son dos.
Elle disparut.
L’humidité et la vapeur avaient rempli la pièce, opacifiant vitres et miroir. De la douche à l’italienne l’eau coulait à torrent pour rincer les dernières traces de démêlant pour cheveux. Un courant d’air froid glacial annonça sa venue, qu’elle avait secrètement désirée. Sans un mot il la rejoignit sous le jet brûlant. Une vague de bien être la traversa lorsqu’il l’enserra dans ses bras rassurant. Ils restèrent ainsi enlacé de longues minutes, serré l’un contre l’autre, la chaleur de son corps, de l’eau, l’instant était divin.
Puis il s’attela à la savonner généreusement de gel douche. Les bras, les jambes et le dos eurent droit à des frictions énergiques et ravigotantes, alors qu’il se montra bien plus délicat sur les parties plus intimes. Il se glissa dernière elle tout en laissant ses mains vagabonder sur son ventre et sa poitrine bien que l’eau ait déjà depuis longtemps emporté les dernières bulles de savon.
Ce jeu se poursuivit encore, dépassant le stade des simples ablutions. Elle sentait monter les prémisses d’une ivresse. Nul doute qu’il en était de même pour lui. Sa main passa dans son dos histoire de saisir à pleine main son membre, d’en apprécier la vigueur et si besoin de le stimuler. Elle n’eut que peu d’efforts à fournir, quelques délicates caresses suffirent à terminer de le raidir. Elle soupesa dans sa paume le poids de ce membre chaud et gonflé de désirs. Tenant en main sa verge, il la faisait glisser sur ses fesses, entre son sillon. Elle écarta davantage les cuisses l’invitant à la prendre. Bien que tout émoustillée, elle se sentait encore étroite. Avec une douceur attentionnée, ralentissant à chacune de ses contractions il s’immisça complètement en elle. Elle libérera un long gémissement de plénitude. Sa main n’avait cessé de passer d’un sein à l’autre pour en savourer les rondeurs et titiller entre ses doigts ses tétons durcis. A présent libérée, son autre main dessinait entre ses cuisses des formes elliptiques, des O, des huit, mais aussi des I, des J et autres lettres carré-bossu avec l’application d’un écolier sur sa fiche d’écriture.
Il accentua ses caresses
Devenues des serres, ses mains agrippèrent ferment sa taille. Elle ressenti une décharge électrique remonter sa colonne vertébrale. Son bassin s’anima, de subtiles oscillations qui se murent en de langoureux va-et-vient tout d’abord très lent, parfois entrecoupé de bref arrêts. Puis le tempo devient régulier mais toujours mezzo piano. La chaleur de l’eau, son bruit semblable à celui d’une cascade, le sentir en elle, quoi de plus divin ? Elle fut sortie de sa rêverie lorsque s’accéléra le rythme. L’allure était soutenue, leurs souffles se faisaient court. Les avant-bras appuyés contre le carrelage du mur, hissée sur la pointe des pieds, son dos dessinant la cambrure de la fonction du sinus hyperbolique elle subissait avec délectation ses assauts. Chaque coup de reins irradiait son corps tout entier encore et encore. Elle commençait à sentir ses sens vaciller, les yeux clos et se pinçant la bouche pour juguler ses gémissements.
Le tempo ralentit jusqu’à complètement s’arrêter. Toujours profondément empalée, elle se redressa et se contorsionna pour l’embrasser. Leurs lèvres se cherchèrent, se trouvèrent. Un baiser passionné , un baiser d’adolescents, leurs langues fougueuses dansaient dans leurs bouches. Cette ardeurs ne leur rendait pas leur souffle. Sa nuque torsadées la fit capituler. Elle reprit appuis sur les avant-bras et creusa encore d’avantage ses vertèbres lombaires. Il reprit son va et vient. Si la cadence n’était pas soutenue en revanche elle était régulière. Des pénétrations en deux temps, un retrait lent suivit d’un retour énergique et profond. Leurs corps s’était parfaitement synchronisés. Le claquement et les clapotis que provoquaient son bas ventre contre ses fesses résonnaient toujours plus sonores dans la cabine de la douche. De plus en plus régulièrement il lâchait de gutturaux râles et elle des gémissements. Entrée dans une transe, le temps n’avait plus d’emprise sur elle. Lui en revanche semblait caler sur un métronome, d’une régularité stupéfiante et toujours avec la même vigueur. Puis vint une accélération progressive, par paliers.
Pas de doute c’était à présent une toute autre partition qui se jouait.
Leurs souffles redevenaient courts, haletants, ils devaient respirer par la bouches sous peine de suffoquer. Se sentant au bord de l’explosion et voulant prolonger la magie du moment elle chercha à ménager ses ardeurs mais n’y parvint pas il était lancé. Le tempo était à présent effréné. Les yeux plissées, respirant par la bouche elle n’était plus maître de la situation, plus maître de cette montée de plaisir, elle ne parvenait plus à la refluer. Elle était sur le point de défaillir. Il ne fallut que quelques puissantes et profondes pénétrations pour la faire venir. Elle fût foudroyée. Une vague, une lame de fond, un tsunami de plaisirs la submergèrent. Un grand flash blanc dans sa tête, un cri libérateur et une onde de choc, son corps tout entier se mit à être parcourut de puissants spasmes, ses forces l’abandonnèrent. Ses jambes ne la portaient plus ses pieds ne touchaient plus par terre et pourtant Il ne ralentit pas pour autant, il semblait herculéen. Elle le sentait plus que jamais en elle, sa verge prisonnière, enflée d’un désir ardent, allant et venant encore et encore. Alors qu’il était au plus profond d’elle, elle reconnut le signe infaillible, il accéléra encore une ultime fois et les contractions parcoururent son membre. Il vint en elle. Les jets puissants et chauds l’irradièrent, elle jouit à nouveau.
Dans les bras l’un de l’autre ils s’embrassèrent. Elle écarta ses cheveux qui lui masquaient le visage les pommettes encore rougies. Pudiquement elle baissa les yeux comme désolée de s’être sentie vulnérable dans ses bras. Elle lova sa tête dans le creux de son épaule. Il l’a serra encore plus contre lui. Après avoir posé son front contre le sien, ils échangèrent un dernier baiser puis un courant d’air froid succéda à son départ.
Confortablement enveloppée dans un épais peignoir en coton couleur écru qui la couvrait jusqu’au dessus des genoux, la ceinture fermement nouée à la taille dessinait toute fois parfaitement ses courbes féminines, une serviette enroulée autour de la tête pour sécher ses cheveux, elle descendit l’escalier en colimaçon. Affairé autour de la table haute à préparer le petit déjeuné, il l’accueillit d’un lumineux sourie complice. Une douce odeur de toasts grillés et de café embaumaient tout l’espace de vie. La table était garnie de tout un assortiment de confitures et de marmelades dans de petits pots de verre, de jus de fruits fraîchement pressés. De dehors provenaient des cris de jeux d’enfants qui lui firent tourner la tête. Par la grande baie vitrée au travers de laquelle filtraient les rayons matinaux du soleil encore timide, elle les aperçut courant dans tous les sens après le chien. Ils avaient dévoré leur en-cas en ni une ni deux et empilé dans un équilibre précaire leur assiette barbouillée de confiture et de pâte à tartiner à coté de l’évier. Il lui apporta un café dans sa grande tasse fumante et une assiette avec une viennoiserie bien dorée qui laissait entrevoir sa farce. Sans même prendre la peine de s’asseoir elle croqua à peine dent dans le chausson au pomme, la compote avec ses morceaux grossiers mais tendres à souhait, fondante, sa tiédeur, la touche de cannelle, dans sa bouche une explosion de saveurs, une association magique pensa t’elle pomme – cannelle, elle ferma les yeux, nouvel orgasme.


Quelle émotion cette lecture a-t-elle éveillée en vous ?