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  • La visite du plombier

    La visite du plombier

    L’apparemment était plongé dans l’obscurité et le silence totale. Pourtant allongée dans mon lit un bruit d’eau me parvenait. Voilà déjà un certain temps que la chasse des toilettes fuyait. J’avais tout d’abord pensé que le problème allait se régler de lui-même mais les jours, puis les semaines ont passé et l’écoulement s’était amplifié. Ma sensibilité écologique n’y tenant plus je me suis résolue à appeler le syndic de l’immeuble pour faire intervenir un artisan. Tout prend un peu de temps avec moi. Il faut dire que je suis un peu rêveuse. Je préfère me plonger dans la lecture, écouter de la musique classique ou mieux m’égarer dans les allées d’un musée d’art, même si je n’y vais pas aussi souvent que je le voudrais. Tout cela pour m’évader de mon modeste appartement de 60 mètres carrés. J’habitais dans un bâtiment type années 30 avec un façade en pierre grises et aux balcons ornés de sculptures, un style bourgeois mais quelque peu décrépit.

    A l’intérieur, l’équipement tout était fatigué par le temps et ma décoration alourdissait encore l’ensemble. Un séjour meublé d’un canapé Chersterfield en velours vert élimé, une table basse en bois massif et une bibliothèque remplie de livres. Les murs étaient recouvert d’une tapisserie à motifs floraux délavés et le parquet en bois portait les stigmates de l’usure des pas du temps. La cuisine bien que petite était fonctionnelle malgré le vieux four à gaz, le réfrigérateur démodé et le plan de travail en formica décoloré. Une seule salle d’eau exiguë, borgne, avec sa baignoire émaillé et ses toilettes qui fuyaient mais ça vous le saviez déjà. Et finalement ma chambre à coucher, mon cocon mon havre de paix. Un grand lit à baldaquin occupait presque tout l’espace, des murs d’un bleu pastel et des rideaux en dentelles filtrait la lumière du jour. Malgré ses imperfections je me sentais en sécurité dans ce logement avec son atmosphère intimiste que lui donnait sa lumière clair-obscure.

    Mais au fait je ne me suis pas présentée, je m’appelle Élise, j’ai 43 ans et divorcée depuis 10 ans. Un mariage catastrophique avec celui qui avait été mon conjoint durant nos études, s’unir me paraissait la suite logique à notre histoire mais tout est partie en vrille. Depuis je suis célibataire, je n’ai pas vraiment cherché à reconstruire une vie amoureuse. J’ai choisis la solitude ou peut-être que c’est elle qui m’a choisit finalement. Enfin pas complètement je partage mon espace avec Aristote mon chat persan.

    Aujourd’hui il avait été convenu avec le syndic qu’un plombier viendrait chez moi pour réparer la fuite des toilettes. Il devait venir pour 8h00, ce qui me laissait le temps pour m’adonner à ma routine du matin. Je me leva à l’aurore, ouvrit en grand la porte fenêtre du balcon pour laisser entrer l’air frais. Vêtue d’un pantalon ample en lin et d’un large sweat-shirt j’ai débuté ma chorégraphie de Qi gong. Tout en me préparant un petit déjeuner composé de céréales, de fruits et de bais le tout accompagné d’un thé vert. Puis je me plongea dans un roman d’Emma Becker. Absorbée par le récit je n’avais pas réalisé que la journée ne m’avait pas attendue.

    L’horloge de la cuisine indiquait un peu plus de 8h10. Le plombier était en retard, mais n’allait certainement pas tarder. Sans doute avait-il eut du mal à trouver une place pour ce garer. A peine eus-je le temps de ramasser mon bol et ma tasse dans l’évier que la sonnette lâcha son horrible bourdonnement. Par l’interphone il s’annonça, je lui précisai l’étage puis appuyai sur le bouton pour libérer la gâche électrique de la porte principale. Encore vêtue de ma tenue d’intérieur je passai une paire de pantoufles. L’écho de pas raisonnaient dans la cage d’escaliers puis à nouveau la sonnette stridula.

    Lorsque j’ouvris la porte palière je fus immédiatement frappée par la taille de l’homme en face de moi. Il devait faire une bonne tête de plus mes 1.65 m et avoir dans la trentaine. Sa tenue de travail était impeccablement immaculée. De sa corpulence athlétique, ses cheveux coupés courts et bien fournis, son visage carré aux pommettes saillantes se dégageait une impression rassurant de sécurité et de force. Mais par dessus tout ce fût son sourire qui me fit chavirer, un sourire franc et éclatant comme seul les africains arborent. Il y eut un petit silence gêné, qu’il brisa en se présentant et en me tendant sa main droite. Elle était à la fois ferme, propre et douce. Je repris mes esprits, le fis entrer et l’invitai à me suivre jusqu’à la salle de bain.

    Faire ainsi rentrer cette homme dans mon appartement me fit prendre conscience de l’état de celui-ci, de vieux meubles trop imposants, des livres et des magazines d’arts et de philo qui traînent de-ci de-là. Je me sentais à la fois gênée et honteuse, par dessus mon épaule je m’excusais au-près de lui pour le désordre. Il répondit poliment que cela n’avait pas d’importance tout en regardant néanmoins à gauche et à droite. Je le soupçonnais de se faire de moi l’idée d’une vielle fille vivant dans le passé et enfermée dans sa solitude.

    Ce qui est à la fois vrai et faux. Solitaire je le suis, mais c’est parce qu’il est difficile pour une rêveuse de partager son esprit avec un conjoint. En revanche je ne vis pas dans le passé, mais c’est vrai que je trouve dans les choses d’antan d’avantage authenticité que dans la modernité contemporaine. Bien que cela puisse passer pour de la mélancolie, les objets, la musique du passé nous retournent des souvenirs rassurants de mon enfance. J’ai grandis dans une famille aimante, alors oui j’ai un certain attachement au passé mais je ne m’y accrochait pas comme un bernique à un rocher.

    Arrivé à la salle d’eau je m’écartai pour le laisser entrer. L’exiguïté du lieu ne permettait pas de nous y tenir à deux surtout compte tenue de sa stature. A peine avait il déposé sa mallette à outils sur le carrelage qu’il s’attelait à retirer le couvercle du réservoir de la chasse. Afin sans doute de me rassurer il me lanca que cela ne devrait pas lui prendre beaucoup de temps pour changer le joint. Mais après une rapide inspection, il se retourna vers moi en faisant une moue qui voulait dire qu’il avait sans doute parler trop vite. Il m’invita à jeter un coup d’oeil par moi même. J’hésitai une demi seconde avant de m’approcher.

    Tous les deux penchés au dessus du bac nos corps se frôlaient, nous étions si près l’un de l’autre que je pouvais sentir son parfum. Très professionnellement il m’expliqua qu’il lui faudrait remplacer plusieurs éléments du dispositif. Enfin c’est ce que je crois qu’il s’était passé, car la proximité de cet homme au corps ferme me troublait. Nous nous somme redressés, toujours si proche que je devais lever la tête pour le regarder dans les yeux. Je lui dis de faire au mieux et que j’allais être dans la pièce à coté. Je le laissai à sa tâche encore quelque peu enivré.

    Après un peu plus de trente minutes je l’entendis qui s’attelait à ranger ses outils. Un genou à terre les mains plongées dans sa mallette, il redressa la tête et me découvrit entièrement nue dans l’encadrement de la porte. Tout en se relevant il me détailla de la tête aux pieds, je pouvais presque sentir son regard comme une caresse se poser sur mes seins, mon ventre, ma fente. Ses yeux exprimaient un mélange d’incompréhension et de curiosité. Sans un mot et sans nous quitter des yeux je m’avançait dans sa direction et me suis mise à genou. Sans doute trop adepte de porno mon plombier tenta de m’expliquer que cela n’était pas possible de payer en « nature » comme dans les films. Ne lâchant pas ses yeux et tout en défaisant sa ceinture je lui répondis que je n’espérais pas un rabais ou un escompte, mais que j’allais prendre une douche mais avant une envie irrépressible de le sucer. Son pantalon tomba autour de ses chevilles, dévoilant un boxer gris chiné qui me paru bien rempli.

    Mes mains vagabondaient sur ses jambes musculeuses, sous son t-shirt. Sa peau était douce, son corps ferme. Négligemment l’une d’elle passait de temps à autre sur le tissu de son sous-vêtement effleurant une proéminence qui semblait croître. Ne le voyant pas s’échapper j’ai relevé la tête pour chercher son regard. J’ai attrapé le large élastique et l’ai fait lentement glisser de quelques centimètres le long de ses jambes, toujours aucune objection à mon audace. J’ai pris cela comme un consentement. J’allais donc pouvoir me mettre à l’œuvre. Nul de le vit mais un éclat de malice et de gourmandise illuminait mes yeux à mesure que je poursuivais de libérer sa verge d’ébène. Elle ne semblait ne plus finir de se déployer. Je l’ai pris à pleine main, elle était lourde, chaude, énorme dans ma petite main. J’ai approché mon visage de son bas ventre et me suis mise à l’embrasser sur le ventre, le haut de jambes et de temps en temps mes lèvres se posait sur son gland. De sa peau émanait une légère odeur de musc.

    Puis ma langue vint en renfort. De sa pointe je donnais de petits coups sur son frein tout en le branlant à deux mains. Sût pour effet de raidir encore davantage son sexe. De jouer ainsi avec son phallus m’excitait terriblement, je sentais ma vulve s’ouvrir et s’humidifier. N’y tenant plus je le pris délicatement en bouche. Mon amant lâcha un gémissement de plaisir. J’entrepris quelques lents aller-retour puis je me remis à lui lâcher le gland. A présent totalement rigide et bien droite sa bite avait la beauté d’une œuvre d’art, d’une raideur herculéenne, une colonne capable de tenir la voûte céleste, j’aurais pu la contempler des heures durant mais mon désir de l’engloutir fût plus fort. Mon pouce et mon index formairent une bague à la base de sa verge pour emprisonner le sang dans les corps caverneux et empêcher son reflux. Je débutai à proprement parler ma fellation. Ma tête oscillait d’avant en arrière. Je veillais à varier l’amplitude, la pression de ma langue sur le gland, l’intensité de la succion. De ma main j’accompagnais le mouvement en impriment une torsion du poignet. Il prenait une place inouïs dans ma bouche. J’en avais des picotements dans le ventre. Je sentais la cyprine ruisseler hors de mon vagin.

    Bien que son membre était gros et long, j’avais envie de l’avaler tout entier. A chaque avancé il s’enfonçait toujours un peu plus profondément dans ma gorge. Mon amant lâchait régulièrement des gémissements de contentement. Il passa sa main dans mes cheveux tout en accompagnant les mouvements de ma tête. Il ne m’imposa pas son rythme. A force de va-et-vient je finis par engloutir complètement son sceptre. Je ne m’étais pas imaginée être capable de lui faire une gorge profonde ainsi. Je poursuivis ma gâterie. Ma main gauche lui caresse les testicules mais de mon index je lui titillais sa rosette. Il eut un léger mouvement de recule lorsque je fis pénétrer ma première phalange. Il n’avait encore certainement jamais connu les plaisirs d’un massage de la prostate.

    Un dilemme m’habitait, d’un coté je ne voulais pas que cela se termine tant son sexe était exquis et d’un autre coté je voulais le voir jouir. Ce fût la seconde option qui fut la plus forte, je me suis mise alors à accélérer, à aspirer plus fort. La respiration de mon amant s’accéléra elle aussi, les petites contractions dans son bas ventre étaient de plus en plus rapprochées. Il luttait pour tenir encore un peu. Mais j’en avais décider autrement. Je ne relâchais pas ma pression et l’intensité, il ne tiendrait plus très longtemps. Ma main gauche m’alerta de l’imminence de son orgasme, puis ses abdominaux se contractèrent et un premier trait jaillit, puisant, incandescent, puis d’autres. Il jouit dans ma bouche en lâchant un brame libérateur. Lorsque la source fût tarie je pus avaler. De ma langue je m’attelais à effacer tout trace de sa semence sur sa verge. Une fois celle-ci bien propre je me releva. Je le remercia d’avoir réparé ma chasse d’eau et lui demandai si il lui faaasit une signature pour l’intervention. Il parut quelque peu perdu et déconcerté par mon propos. Il n’était pas encore redescendu de son petit nuage.

    Une heure après son départ j’en étais encore toute excitée. Un sourire de satisfaction illuminait mon visage. Je venais de donner une bonne leçon de vie à ce jeune homme. Il m’avait prise , à n’en pas douter en détaillant mon appartement, pour une vieille fille un peu coincée. Il aura appris à ne plus se fier aux apparences. Quand à moi ma libido n’avait pas toujours pas refluée, j’allai m’allonger dans la chambre pour me caresser en pensant à lui et à tout ce que qu’il aurait pu me faire.

  • Escapade

    Escapade

    Pour la cinquantième fois au moins Anouk contrôlait de n’avoir rien oublié, carte d’identité, billet d’avion, confirmation de réservation d’hôtel. Debout dans l’entrée de sa petite maison bourgeoise qui avait appartenu autre fois à ses parents, elle refit mentalement la composition de sa valise. Ses vacances au soleil ne durerait qu’une semaine et pourtant elle avait emporté trop de choses, trop de « au cas ou ». Ce séjour était le cadeau d’anniversaire qu’elle s’offrait pour ses 43 ans, bien qu’elle ne roulait pas sur l’or. Encore une dernière chose avant que le taxi ne l’emmène à l’aéroport, remettre la clé de son logement à ses voisins. Leur fille de 15 ans Léa avait promis de s’occuper du chat.

    Quinze ans l’age qu’aurait pu avoir ses propres enfants, mais voila la vie en avait décidé autrement. Les inséminations artificielles, les fausse-couches avaient réduit en cendre son mariage. Ne s’étant pas entièrement remise de cette épreuve, réservée et souffrant de son manque de confiance en elle, elle n’avait pas refait sa vie. Elle avait bien eu quelques aventures mais qui n’avaient jamais durées plus de quelques mois. Il n’y a guère que le félin qui partage sa demeure et son travail qui lui apportaient du réconfort.

    Bibliothécaire dans sa ville natale, passionnée de lecture Anouk baignait dans son élément, le clame l’odeur des livres et l’évasion qu’ils offrent. Aujourd’hui sa vie sentimentale et sexuelle elles les vivaient par procuration dans des histoires à l’eau de rose. Son rêve ? Être dans la peau de Lyra l’héroïne de la romancière érotique à succès Seraphine Moreau. Lyra une femme d’une beauté sauvage et indomptable aux cheveux noirs corbeau, aux yeux verts perçants. Elle est passionnée, indépendante et n’a pas peur d’exprimer ses désirs. Aux antipodes d’Anouk et de ses peurs, peur de ne pas être à la hauteur, peur de ne jamais trouver l’amour véritable, peur du rejet.


    Une naufragée accrochée à sa valise au milieu d’un océan déchaîné fut le sentiment qui submergea la bibliothécaire en arrivant de le hall de l’aéroport. Bien que nous étions hors de la période de vacances scolaires il y avait foule en partance pour les quatres coins du monde. Prudente elle était arrivée bien en avance sur l’heure de départ de son vol. Après avoir identifié le numéro de la porte d’embarquement elle chercha refuge dans un café pour patienter.

    Absorbée par les aventures de Lyra elle ne vit pas le temps passer. La panique la gagna lorsqu’elle réalisa qu’elle devait encore passer par le contrôle de sécurité et se rendre aux « gates ». La file de voyageurs était interminable elle se maudissait d’être arrivée si tôt et d’être sur le point de rater son avion. Lorsqu’elle arriva finalement d’un pas pressant à la porte le personnel avait déjà appelé les voyageurs à se préparer pour l’embarquement, tous ou presque formaient une longue queue.

    En y prenant sa place son livre lui échappa des mains. Empêtrée avec sa valise, sa veste et ses papiers elle n’eut pas le temps de fléchir les jambes qu’une main lui tendait déjà son livre. Une main aux doigts effilés légèrement bronzée celle d’un homme dans la cinquantaine les cheveux grisonnants élégamment coiffés et des yeux d’un bleu perçant. Il avait une stature imposante, vêtu d’un pantalon en lin écru, de mocassin sans chaussette bien sûr, et une chemise blanche ouverte au col qui laissait entrevoir son torse et la naissance d’une fine toison de poils sombres. Un homme terriblement séduisant. Sa voix ne l’était pas moins, profonde, rassurante, bienveillante. « Je crois que c’est à vous. » Anouk et l’inconnu tenait chacun un bord du livre. Le temps s’était alors comme suspendu.

    Il se dégageait de cet homme une aura, à la fois une force et une sérénité réconfortantes, son sourire illuminait tout son visage. Elle se senti traversée par son regard, ses yeux étaient une invitation au voyage. Sa respiration s’interrompu, son cœur cessa de battre, elle eut subitement très chaud. Mille images lui vinrent à tête, un yacht au milieu d’un atoll en Polynésie, un dîner aux chandelles, une veillée en Laponie sous les aurores boréales. Il avait déjà fait quelques pas en direction du desk pour l’embarquement rapide lorsqu’elle balbutia un timide « Merci ». Par dessus son épaule l’inconnu lui adressant un sourire plein de promesses. Il présenta ses papier à l’hôtesse, Anouk le regardait se diriger vers la passerelle, il ne se retourna pas.


    Voilà déjà trois jours qu’Anouk était installée dans ce gîte au cœur de la vielle ville. Le quartier résonnait d’une atmosphère d’autrefois. L’architecture d’origine avait été préservée, les pierres bien qu’usées par le temps gardaient tout leur caractère. L’azur du ciel et la douce chaleur de cette matinée l’a confortait de s’être accorder cette petite escapade.

    Elle avait déjà pris ses habitudes. Après le petit-déjeuner et sa pléthore de produits régionaux , petit détour par le marcher et ses étales de fruits et légumes juteux, elle s’installait ensuite à une terrasse sur la grande place.

    Elle était vêtue d’une robe ample en coton vert foncé, bras nus, au style bohème, style souligné par de petites sandales en cuir couleur naturel à fines sangles. Elle avait commandé une eau pétillante et lisait Seraphine Moreau seule à une table. De temps à autre elle levait le nez de son livre pour observer la vie autour de la place, lorsqu’elle le vit, l’inconnu du terminal. Elle sentit tout de suite son magnétisme. Et toujours cette même élégance, avec un pantalon de coton bleu marine, une chemise blanche et coiffé d’un chapeau panama. Lui aussi était seul à une table à lire le journal. Il ne l’avait pas vu mais machinalement elle passa une mèche de cheveux derrière son oreille, révélant son cou. Elle reprit sa lecture mais elle ne parvenait pas à rester concentrée, sans cesse son regard cherchait à capter son attention. Puis une famille complète vint prendre place à une table entre eux obstruant son champ de vision. Une nouvelle fois il avait disparu.

    Une grande ombre se projeta sur elle et la sortit de sa rêverie puis suivit une question « Cette chaise est-elle libre ? » La bibliothécaire resta interdite. Il se tenait là devant elle. Du regard il réitéra sa question. Un « oui » étranglé sortit de sa bouche, il prit place et enchaîna « Comment se porte Lyra ? ». Elle sentit son visage s’empourprer. Il avait reconnu son livre et en connaissait l’héroïne. Il eut la délicatesse de passer à autre chose après lui avoir adressé un sourire amusé mais nullement moqueur. Ils discutèrent ainsi longtemps de tout et de rien. La conversation était naturelle de par sa voix et son regard il était parvenu à la mettre à l’aise, presque bavarde elle qui d’habitude était si réservée. Elle eut même quelques éclats de rire. Elle ne pouvait détacher ses yeux des siens. Il y avait comme une tension dans l’air. Il glissait de subtils sous-entendus qui faisait naître un désir toujours plus croissant. Puis il lui dit « Je crois que vous allez attraper un coup de soleil, je connais un endroit où nous serons mieux. ». Ils se levèrent, il lui offrit son bras et quittèrent la place.

    En lui tendant un casque, l’inconnu lui demanda « Vous n’avez pas peur en Vespa ? » Alors qu’il rangeait son chapeau de le top case. Bien que ce ne fut pas vrai elle lui répondit que non. Jamais elle n’était montée sur un deux roues hormisr un vélo. Délicatement il l’aida à sangler la jugulaire. Lorsque ses mains frôlèrent son visage un frisson lui parcouru l’échine.

    Ils fendait la campagne, Elle sentait le vent s’engouffrer sous sa robe, fouetter son visage. Les bras fermement serrés autour de sa taille, sa poitrine écrasée contre son dos lui donnait des papillons dans le bas ventre. Son parfum, la vitesse elle était ivre. La ville était déjà loin lorsqu’il s’engagea dans une allée privée au bout de laquelle se dressait une somptueuse villa.

    La maison était fraîche, spacieuse et la baie vitrée donnant sur la mer, une vue à couper le souffle. Il la lui fit visiter. La décoration était fabuleuse, à chaque pièces son univers, peu habituée à un tel luxe Anouk en avait le vertige. Cet homme devait être incroyablement riche et pourtant il racontait des anecdotes de voyages sans vantardise, sans snobisme. La dernière pièce de la visite fut la chambre à coucher avec cette même vue imprenable sur la mer et le ciel.

    Le silence était retomber sur la demeure. Debout l’un en face de l’autre ils restèrent de longues minutes les yeux dans les yeux. Leurs regards s’échangeant des promesses. Elle baissa les yeux en premier. Du dos de sa main il lui caressa le bras. Un frisson parcouru tout son corps elle en eut la chair de poule. Délicatement il replaça une mèche de cheveu derrière son oreille. Leurs lèvres se rapprochèrent davantage, entrouverte à un souffle les unes des autres. Ils s’embrassèrent tendrement puis avec plus de ferveur. Il l’embrassa dans le cou. Le désir devenait ardent, la respiration d’Anouk et son cœur s’accéléraient, et voila que ses mains commençaient à déboutonner sa chemise et défaire la ceinture de son pantalon que lui arrivait-il ? Elle qui n’avait jamais vécu sa sexualité avec passion la voilà entreprenante l’esprit de Lyra avait il prit possession de son corps. ? Était elle devenu Lyra elle-même ?

    Il se glissa derrière elle et l’enserra de ses bras. Un sentiment de sécurité l’envahit, elle se sentait désirée autant qu’elle le désirait. Depuis combien de temps n’avait elle pas éprouvé une telle osmose ? Elle n’aurait sut le dire mais ce dont elle était sûr en revanche c’est qu’elle aurait souhaiter que cette étreinte ne se termine jamais. Le visage enfouit dans son cou sa nuque, il y déposait des nuées de baisers du bout des lèvres. elle bascula la tête en arrière et lâcha un gémissement de bien-être. Lorsqu’il l’a saisit par les hanches de ses deux mains assurées un frisson puis une onde de chaleur parcoururent la vacancière de la tête aux pieds.

    Alors qu’avec lenteur il dézippait la fermeture éclaire de sa robe Anouk fut saisit par un trouble, est-elle vraiment sur le point de dévoiler sa nudité à cette inconnu ? Pourtant elle le désirait autant qu’elle l’appréhendait. Cela n’était pas elle, elle n’était pas l’héroïne de Seraphine Moreauet. Durant ce temps de sa bouche il faisait glisser les fines brettelles de ses épaules. Et tout devint clair dans sa tête là maintenent elle était Lyra et elle lâcha prise. Ce ne fut que lorsqu’il relâcha son étreinte que l’étoffe tomba au sol.

    Debout l’un en face de l’autre se tenant par les mains l’hôte de la maison contemplait Anouk. Elle qui était de coutume si réservée, si peu à l’aise avec son corps, elle n’éprouvait aucune gène, même en culotte sans charme. Le regard remplit de désir que lui portait cet homme si séduisant, alors qu’elle se trouvait si quelconque, avait anesthésié toute pudeur. Séré l’un contre l’autre leurs baisers d’abord tendres et délicats se firent plus fougueux comme ceux de jeunes amoureux. Le contact, la chaleur de son torse contre ses seins et les effluves de son parfum l’entraînèrent dans un vortex de désirs. Elle pouvait sentir le sien au renflement de son caleçon qui frottait contre son ventre.

    Il la prit par la main pour la conduire sur le lit. Sitôt allongés ils terminèrent de se dévêtir l’un l’autre Puis la passion s’empara d’eux, un désir brut et irrésistible. Leurs corps se cherchèrent, se trouvèrent. Elle ne se sentait nullement vulnérable entre les mains expertes de cet inconnu. Leurs corps dansaient, vibraient à l’unisson. Elle ressentait des sensations nouvelles, libératrices, oui c’était une libération. Elle fut foudroyée encore et encore.

    La nuit était tombée, nue blottie contre lui dans le grand canapé de la terrasse à contempler les reflets de la lune sur la mer elle frissonna, il tira le plaide pour la couvrir et lui déposa un baiser sur le front.


    Une grande ombre se projeta sur elle et la sortit de sa rêverie puis suivit une question « Elle est libre cette chaise ? » La bibliothécaire resta interdite. Là devant elle se tenait un homme bedonnant et transpirant, vêtu d’un short de plage et d’un débardeur évasé auréolé de sueur à l’haleine chargée d’anis. Un « oui » étranglé sortit de sa bouche, il prit la chaise et s’éloigna. La famille bruyante aussi s’en était allée. Anouk avait retrouvé son champ de vision sur l’inconnu du terminal, il était toujours attablé mais en compagnie d’une sculptural femme élégamment vêtue d’une longue robe en soie imprimée à fine bretelle d’une grande maison les cheveux remontés sur le haut de tête en un chignon faussement négligé révélant une nuque fine et une peau d’ébène lise et lumineuse. Ils se levèrent, et tout en se tenant par la taille, ils s’éloignèrent pour quitter la place. La vacancière se rabroua d’avoir été aussi sotte, sotte de croire qu’un tel homme pouvait s’intéresser à elle alors qu’il pouvait séduire les plus belles femmes que portait la terre. Jamais elle ne serait Lyra.

    Sentant ses épaules la brûler, elle pesta à nouveau. Elle avait attrapé un coup de soleil, en plus sa culotte était moite mais n’aurait sut dit avec certitude la cause entre la chaleur et son rêve fantasmatique. Elle regagna son gît.

  • Pomme-cannelle

    Pomme-cannelle

    Les premiers rayons du soleil embrasant la cime des montagnes dans cadre de la fenêtre rappelait une toile d’Albert Bierstadt. Enroulée dans la couette, elle se glissa hors du lit en direction de la salle de bains parentale. Bien que sa démarche fut féline le plancher de bois grinçait à chacun de ses pas sous ses pieds nus. Se sachant observée, elle accentua volontairement le balancement de son bassin. En arrivant dans l’embrasure, elle jeta un coup d’œil par dessus son épaule.

    Toujours allongé au milieu des draps froissés, feignant de dormir les paupières mi-closes, il l’avait regardé s’éloigner. Avec un brin d’espièglerie elle laissa glisser au sol le duvet, révélant au grand jour son corps nu, des hanches féminines marquées de quelques vergetures, stigmates de deux grossesses, des jambes fuselées se terminant par deux fines chevilles cernées d’une chaînette en or. Ses mains dénouèrent ses cheveux qui tombèrent en cascade jusqu’au milieu de son dos.

    Elle disparut.

    L’humidité et la vapeur avaient rempli la pièce, opacifiant vitres et miroir. De la douche à l’italienne l’eau coulait à torrent pour rincer les dernières traces de démêlant pour cheveux. Un courant d’air froid glacial annonça sa venue, qu’elle avait secrètement désirée. Sans un mot il la rejoignit sous le jet brûlant. Une vague de bien être la traversa lorsqu’il l’enserra dans ses bras rassurant. Ils restèrent ainsi enlacé de longues minutes, serré l’un contre l’autre, la chaleur de son corps, de l’eau, l’instant était divin.

    Puis il s’attela à la savonner généreusement de gel douche. Les bras, les jambes et le dos eurent droit à des frictions énergiques et ravigotantes, alors qu’il se montra bien plus délicat sur les parties plus intimes. Il se glissa dernière elle tout en laissant ses mains vagabonder sur son ventre et sa poitrine bien que l’eau ait déjà depuis longtemps emporté les dernières bulles de savon.

    Ce jeu se poursuivit encore, dépassant le stade des simples ablutions. Elle sentait monter les prémisses d’une ivresse. Nul doute qu’il en était de même pour lui. Sa main passa dans son dos histoire de saisir à pleine main son membre, d’en apprécier la vigueur et si besoin de le stimuler. Elle n’eut que peu d’efforts à fournir, quelques délicates caresses suffirent à terminer de le raidir. Elle soupesa dans sa paume le poids de ce membre chaud et gonflé de désirs. Tenant en main sa verge, il la faisait glisser sur ses fesses, entre son sillon. Elle écarta davantage les cuisses l’invitant à la prendre. Bien que tout émoustillée, elle se sentait encore étroite. Avec une douceur attentionnée, ralentissant à chacune de ses contractions il s’immisça complètement en elle. Elle libérera un long gémissement de plénitude. Sa main n’avait cessé de passer d’un sein à l’autre pour en savourer les rondeurs et titiller entre ses doigts ses tétons durcis. A présent libérée, son autre main dessinait entre ses cuisses des formes elliptiques, des O, des huit, mais aussi des I, des J et autres lettres carré-bossu avec l’application d’un écolier sur sa fiche d’écriture.

    Il accentua ses caresses

    Devenues des serres, ses mains agrippèrent ferment sa taille. Elle ressenti une décharge électrique remonter sa colonne vertébrale. Son bassin s’anima, de subtiles oscillations qui se murent en de langoureux va-et-vient tout d’abord très lent, parfois entrecoupé de bref arrêts. Puis le tempo devient régulier mais toujours mezzo piano. La chaleur de l’eau, son bruit semblable à celui d’une cascade, le sentir en elle, quoi de plus divin ? Elle fut sortie de sa rêverie lorsque s’accéléra le rythme. L’allure était soutenue, leurs souffles se faisaient court. Les avant-bras appuyés contre le carrelage du mur, hissée sur la pointe des pieds, son dos dessinant la cambrure de la fonction du sinus hyperbolique elle subissait avec délectation ses assauts. Chaque coup de reins irradiait son corps tout entier encore et encore. Elle commençait à sentir ses sens vaciller, les yeux clos et se pinçant la bouche pour juguler ses gémissements.

    Le tempo ralentit jusqu’à complètement s’arrêter. Toujours profondément empalée, elle se redressa et se contorsionna pour l’embrasser. Leurs lèvres se cherchèrent, se trouvèrent. Un baiser passionné , un baiser d’adolescents, leurs langues fougueuses dansaient dans leurs bouches. Cette ardeurs ne leur rendait pas leur souffle. Sa nuque torsadées la fit capituler. Elle reprit appuis sur les avant-bras et creusa encore d’avantage ses vertèbres lombaires. Il reprit son va et vient. Si la cadence n’était pas soutenue en revanche elle était régulière. Des pénétrations en deux temps, un retrait lent suivit d’un retour énergique et profond. Leurs corps s’était parfaitement synchronisés. Le claquement et les clapotis que provoquaient son bas ventre contre ses fesses résonnaient toujours plus sonores dans la cabine de la douche. De plus en plus régulièrement il lâchait de gutturaux râles et elle des gémissements. Entrée dans une transe, le temps n’avait plus d’emprise sur elle. Lui en revanche semblait caler sur un métronome, d’une régularité stupéfiante et toujours avec la même vigueur. Puis vint une accélération progressive, par paliers.

    Pas de doute c’était à présent une toute autre partition qui se jouait.

    Leurs souffles redevenaient courts, haletants, ils devaient respirer par la bouches sous peine de suffoquer. Se sentant au bord de l’explosion et voulant prolonger la magie du moment elle chercha à ménager ses ardeurs mais n’y parvint pas il était lancé. Le tempo était à présent effréné. Les yeux plissées, respirant par la bouche elle n’était plus maître de la situation, plus maître de cette montée de plaisir, elle ne parvenait plus à la refluer. Elle était sur le point de défaillir. Il ne fallut que quelques puissantes et profondes pénétrations pour la faire venir. Elle fût foudroyée. Une vague, une lame de fond, un tsunami de plaisirs la submergèrent. Un grand flash blanc dans sa tête, un cri libérateur et une onde de choc, son corps tout entier se mit à être parcourut de puissants spasmes, ses forces l’abandonnèrent. Ses jambes ne la portaient plus ses pieds ne touchaient plus par terre et pourtant Il ne ralentit pas pour autant, il semblait herculéen. Elle le sentait plus que jamais en elle, sa verge prisonnière, enflée d’un désir ardent, allant et venant encore et encore. Alors qu’il était au plus profond d’elle, elle reconnut le signe infaillible, il accéléra encore une ultime fois et les contractions parcoururent son membre. Il vint en elle. Les jets puissants et chauds l’irradièrent, elle jouit à nouveau.

    Dans les bras l’un de l’autre ils s’embrassèrent. Elle écarta ses cheveux qui lui masquaient le visage les pommettes encore rougies. Pudiquement elle baissa les yeux comme désolée de s’être sentie vulnérable dans ses bras. Elle lova sa tête dans le creux de son épaule. Il l’a serra encore plus contre lui. Après avoir posé son front contre le sien, ils échangèrent un dernier baiser puis un courant d’air froid succéda à son départ.

    Confortablement enveloppée dans un épais peignoir en coton couleur écru qui la couvrait jusqu’au dessus des genoux, la ceinture fermement nouée à la taille dessinait toute fois parfaitement ses courbes féminines, une serviette enroulée autour de la tête pour sécher ses cheveux, elle descendit l’escalier en colimaçon. Affairé autour de la table haute à préparer le petit déjeuné, il l’accueillit d’un lumineux sourie complice. Une douce odeur de toasts grillés et de café embaumaient tout l’espace de vie. La table était garnie de tout un assortiment de confitures et de marmelades dans de petits pots de verre, de jus de fruits fraîchement pressés. De dehors provenaient des cris de jeux d’enfants qui lui firent tourner la tête. Par la grande baie vitrée au travers de laquelle filtraient les rayons matinaux du soleil encore timide, elle les aperçut courant dans tous les sens après le chien. Ils avaient dévoré leur en-cas en ni une ni deux et empilé dans un équilibre précaire leur assiette barbouillée de confiture et de pâte à tartiner à coté de l’évier. Il lui apporta un café dans sa grande tasse fumante et une assiette avec une viennoiserie bien dorée qui laissait entrevoir sa farce. Sans même prendre la peine de s’asseoir elle croqua à peine dent dans le chausson au pomme, la compote avec ses morceaux grossiers mais tendres à souhait, fondante, sa tiédeur, la touche de cannelle, dans sa bouche une explosion de saveurs, une association magique pensa t’elle pomme – cannelle, elle ferma les yeux, nouvel orgasme.

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